Ce texte vise d’une part à faire un rapide état des lieux sur la répression en cours après la journée de samedi 24, et d’autre part à rappeler les objectifs du collectif anti-répression.

Il faut le souligner encore et encore : nous faisons actuellement face à un déploiement monstrueux des forces de l’ordre dans le cadre du contre-sommet de Biarritz : pas loin de 30 millions d’euros dépensés dans le dispositif du maintien de l’ordre, plus de flics et de militaires présents que de personnes mobilisées, des polices débarquées de l’étranger, le retour des voltigeurs (ou BRAV-M) sur les motos, etc. Sur la journée de samedi, les forces de l’ordre ont interpellé 68 personnes et 38 d’entre elles ont été placées en garde à vue. Le collectif anti-répression a été sollicitée sur la situation d’environ 35 personnes. Nous avons également été alertés sur de nombreux cas de violences policières. [Mise à jour 25/8 23h — Sur le week-end, les forces de l’ordre ont interpellé une centaine de personnes et environ 50% a été placée en garde à vue. A notre connaissance, 40 personnes sont aujourd’hui sorties. Néanmoins, cinq gardé·e·s à vue sont convoqué·e·s au tribunal à une date ultérieure ; quatre condamné·e·s à de la prison ferme ; trois ont eu un rappel à la loi ; une s’est vu·e adressée·e une interdiction administrative de territoire et une autre, une reconduction à la frontière espagnole. Le collectif anti-répression a été sollicitée sur la situation de 99 personnes. Nous avons également été alertés sur de nombreux cas de violences policières.]

Au-delà de ce bilan comptable, il faut savoir que de nombreuses tentatives d’entraves à notre travail ont été constatées, qui ont eu des conséquences potentiellement très graves pour un certain nombre de personnes – en particulier les trois ressortissants allemands interpellés en amont du sommet (4e cas survenu dimanche). Ces trois personnes ont en effet été condamnées à plusieurs mois de prison ferme avec mandat de dépôt et à cinq ans d’interdiction du territoire français. Les avocat·e·s du collectif désigné·e·s par leurs familles n’ont pas pu intervenir à la place de commis·e·s d’office qui ont, en plus, refusé les garanties de représentation que ces avocat·e·s souhaitaient leur confier. À ces deux entraves graves aux droits de la défense, il faut encore ajouter des menaces de « poursuites pénales » et des propos diffamatoires formulés samedi par le bâtonnier de Bayonne (représentant des avocat·e·s de son barreau) à l’encontre des avocat·e·s avec lesquel·le·s nous sommes engagé·e·s face au G7. Leur conception de la défense pénale est à l’opposé de la façon dont nous entendons mener une défense collective et autonome.

Lorsque la défense converge à ce point avec les intérêts du parquet, cette justice d’exception s’apparente aux bases d’un état policier.

Pour rappel, le collectif anti-répression s’inscrit dans le cadre des collectifs d’autodéfense juridique qui s’appuient sur un certain nombre de principes qu’il nous faut rappeler brièvement ici :

· Parce que la répression policière et judiciaire doit être combattue, notamment en ce qu’elle vise à neutraliser toutes les formes de contestation politique, nous concevons la lutte comme un continuum. Elle prend place dans la rue comme dans les salles des tribunaux.

· Parce que le pouvoir entend imposer des distinctions entre « bonn·e·s » et « mauvais·e·s » manifestant·e·s, nous défendons les gens en lutte quel que soit leur mode d’action en refusant toute forme de délation et de dissociation.

· Parce que la justice individualise, l’autodéfense juridique vise à retrouver de l’autonomie. Nous assumons une défense politique construite collectivement avec prévenu·e·s et avocat·e·s face à la justice de classe.

C’est dans cet esprit que nous avons structuré depuis plusieurs mois un collectif à même d’assurer des ateliers d’autodéfense juridique des personnes mobilisées contre le G7 et le soutien des manifestant·e·s arrêté·e·s quel qu’en soit le motif. Il suffit pour nous qu’ils et elles se reconnaissent dans les principes de la défense collective.

Les multiples entraves auxquelles sont confronté·e·s les avocat·e·s lié·e·s au collectif antirépression depuis le début du contre-sommet comme le déploiement extraordinaire des forces répressives montrent clairement la panique d’un pouvoir fragilisé et ne font que renforcer notre détermination.

Le collectif antirépression du G7